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“Le nombre de fois où on a cru à la libération de Sophie Pétronin est incalculable” : une enquête malienne avec Anthony Fouchard

Sophie Pétronin a passé 3 ans et 9 mois otage dans le désert sahélien. Pendant tout ce temps, son fils, Sébastien, restaurateur, a remué ciel et terre pour la retrouver. Il s’est rendu à de nombreuses reprises au Mali et dans la région, a rencontré des intermédiaires pour parler avec les djihadistes, voire aller jusqu’à eux. Le journaliste Anthony Fouchard a suivi toutes les étapes, l’a souvent aidé dans ses démarches, puis au retour de Sophie Pétronin, a passé de nombreuses heures, installé chez eux, à recueillir son témoignage ainsi que celui de sa famille. Récit d’une enquête hors-norme.

En décembre 2016, lors de l’enlèvement de Sophie Pétronin dans la ville de Gao au Mali, vous étiez en poste à Bamako. Comment avez-vous couvert cet événement ?

A l’époque, j’étais correspondant pour RFI et France 24 et la veille de l’enlèvement, je venais de passer deux semaines à Gao, “embedded” avec les forces militaires françaises, puis seul dans la ville, avec une ONG. J’avais tous les contacts de la société civile et j’ai donc appris très rapidement son enlèvement le 24 décembre. Je l’ai couvert de façon assez prosaïque, en essayant de comprendre qui avait pu l’enlever et en entrant en contact avec son fils.

Trois jours après, comme dans chaque cas d’enlèvement, plus personne n’en parlait. On fait un peu de suivi sur RFI, en traitant le sujet après une semaine, un mois. Puis, plus rien.

Tout a changé quand en juillet 2017, la veille de l’arrivée d’Emmanuel Macron à Bamako pour le lancement de la force G5 Sahel, une vidéo est diffusée par le groupe djihadiste GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), qui revendique la détention de tous les otages occidentaux capturés dans le Sahel, en montrant leurs visages. Je reçois cette vidéo et j’appelle Sébastien Pétronin pour recueillir sa réaction. Il tombe des nues car il ne l’avait pas vue et se demande comment j’avais pu avoir cette vidéo.

Carte illustrant les différents lieux de détention de Sophie Pétronin entre décembre 2016 et octobre 2020. « Il suffit d’un espoir », Ed. les Arènes.

Comment aviez-vous reçu cette vidéo ?

Via des canaux de propagande dans lesquels on vous invite, ou que vous arrivez à intégrer, en tant que correspondant de RFI. Au début c’était Telegram, puis Rocket Chat. Ils changent de plateforme à chaque fois qu’ils se font bannir de l’une d’entre elles. Les vidéos réalisées par les agences de propagande djihadistes sont siglées, presque à l’américaine. Il y a de gros moyens derrière.

Je lui ai transmis la vidéo et ça a été le début de notre relation. Ensuite, ce fut toujours le même principe. Chaque fois que je recevais une vidéo de Sophie Pétronin, je la lui transmettais.

J’essayais de ne pas franchir la ligne entre observateur et interventionniste. Puis je l’ai largement franchie quand j’ai quitté le Mali. 

Et au fur et à mesure, vous aidez de plus en plus Sébastien Pétronin.

Oui. En parallèle de l’affaire Pétronin, j’enquêtais aussi sur le meurtre des journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon, tués au Mali en 2013. Je montais régulièrement à Kidal, pour continuer à tirer des fils sur les dessous de cette affaire et j’en profitais pour poser des questions sur Sophie Pétronin. 

Les différents responsables communautaires et les Touaregs m’indiquaient les personnes à qui m’adresser et tout le monde me dirigeait vers l’imam Mahmoud Dicko. J’ai donc fini par aller le voir et lui demander s’il pouvait faire quelque chose pour sa libération. Lui était très sibyllin, mais m’a dit en substance que si on le contactait, il verrait ce qu’il pouvait faire. Je l’ai mis en contact avec Sébastien Pétronin et à partir de là, ça a été très vite. En trois mois, une demande de rançon parvient à Sébastien Pétronin.

C’est cet épisode qui a clos la collaboration de Sébastien Pétronin avec les autorités françaises. Car pour elles, l’imam Dicko n’était absolument pas un intermédiaire fréquentable. Cet imam, et surtout le dialogue avec les djihadistes via ce personnage qui les inquiétait, était un no go. 

Mais ça n’a pas été dit clairement pendant toutes les années de détention de Sophie Pétronin. A présent, ils le disent. S’il devait y avoir quelque chose pour Olivier Dubois – journaliste français enlevé au nord Mali en avril 2021- autre qu’une opération militaire, ce serait les Maliens qui le feraient. Les Français l’ont dit très clairement, ils ne négocieront pas avec les djihadistes. Pendant 4 ans, Sébastien Pétronin a continué de compter sur les autorités françaises. Il était persuadé qu’elles ne pouvaient pas l’abandonner puisqu’elles ne le lui avaient pas dit. Pourtant, dans les faits, ça a été le cas.

Comment voyez-vous votre rôle dans cette affaire ?

Au début, il a été journalistique. Ensuite, j’ai eu un rôle de transmetteur, en faisant passer des messages au nord du Mali, ou en les faisant transiter par des intermédiaires. J’essayais de ne pas franchir la ligne entre observateur et interventionniste. Puis je l’ai largement franchie quand j’ai quitté le Mali, en janvier 2018. 

J’ai alors décidé de suivre cette affaire de l’intérieur. Avec Sébastien, on a défini les conditions. Il me donnait accès à tous ses mots de passe pour accéder à l’intégralité de ses conversations (téléphone, mails, réseaux sociaux, etc.). Mais en échange, je ne devais rien publier avant que Sophie Pétronin sorte de captivité. Vivante ou non.

Le journaliste Anthony Fouchard.

Sébastien Pétronin a tout gardé ?

Il a appris au fur et à mesure car très rapidement, il s’est fait voler un téléphone, puis un ordinateur. C’était à chaque fois après des missions où il avait rencontré des intermédiaires ou parlé avec les autorités. Il s’est donc mis à tout enregistrer. Il y avait aussi beaucoup de mensonges ou de choses louches. Petit à petit, il a perdu confiance et s’est surtout rendu compte, au fur et à mesure de ses voyages, que ça n’avançait pas. Soit on lui mentait, soit on ne lui disait pas tout. C’est en parlant avec des intermédiaires, des gens sur place, qu’il a découvert qu’il était le premier et le seul à leur parler. 

Car Sébastien Pétronin a fait un énorme travail de documentation, mais aussi de nombreux voyages sur place pour tenter de faire libérer sa mère.

Il a essayé – grâce à des chercheurs, des spécialistes du Sahel, des amis de Sophie – de restituer toute la hiérarchie sociale en place dans cette région. Quand vous n’avez pas compris cette logique, vous avez beau avoir parfois parlé au chef, si vous passez à côté de l’homme qui a l’oreille du chef, rien ne changera.

De votre côté, quelles ont été les relations avec les autorités françaises ?

Quand j’étais au Mali, je les interrogeais systématiquement. En toute logique, lors d’une affaire d’otages, elles ne répondaient jamais, ou répondaient avec des éléments de langage qu’une enquête était en cours.

Une fois que j’ai quitté le Mali, n’ayant plus cette exigence de contradictoire, j’ai cessé de les interroger. Pour écrire ce livre, j’ai envoyé mes questions aux différents ministères concernés, ainsi qu’aux services de renseignement. Seul Jean-Claude Mallet, conseiller spécial de Jean-Yves Le Drian, le ministre des affaires étrangères, m’a répondu. Il avait été l’unique contact régulier de Sébastien Pétronin. Il n’a pas répondu à toutes mes questions, mais j’ai reproduit l’intégralité de ses réponses dans le livre. 

Il était dans une posture qui illustre bien le double jeu et l’hypocrisie de la France dans cette affaire, avec certaines affirmations manifestement fausses. Affirmant notamment que la France ignorait tout des rencontres entre Sébastien Pétronin et l’imam Dicko, alors qu’un homme des services de renseignement l’accompagnait dans une voiture de l’ambassade de France, jusqu’à la résidence de l’imam.

Au lendemain de l’envoi de mes questions, par mail et par courrier recommandé, lorsque j’ai voulu allumer mon ordinateur, il s’est arrêté puis s’est éteint. En le rallumant, j’ai découvert que le dossier dans lequel j’avais commencé à écrire mon livre avait disparu et avait été remplacé par un fichier intitulé “Louis de Funès/Le Corniaud” : la veille, j’avais fini d’écrire un chapitre sur les souvenirs de Sophie dans le désert, qui se remémorait des scènes du film de Louis de Funès.

Sans l’ombre d’un doute, ce sont les Maliens qui ont fait libérer Sophie Pétronin

« Il suffit d’un espoir » (éditions Les Arènes). Sur la photo, Sophie Pétronin à son arrivée à Bamako après sa libération, le 8 octobre 2020 et son fils, Sébastien Pétronin

Comment s’est passée la libération de Sophie Pétronin ?

Le nombre de fois où on a cru que sa libération était proche est incalculable. En octobre 2020, alors que j’étais en mission en Guinée, la rumeur d’une libération massive de prisonniers au Mali enflait. Des avions étaient affrétés pour le nord du pays. On parlait de 100, puis 150 et enfin 200 prisonniers. On a vite compris qu’il se passait quelque chose. A cause du Covid-19, les frontières étaient fermées et je ne pouvais pas rejoindre le Mali. J’ai donc décidé de rentrer à Paris. 

J’ai prévenu Sébastien, qui au départ ne croyait pas à la libération de sa mère, car il avait été très affecté par la précédente tentative de libération qui s’était soldée par un échec en juillet 2020. D’après mes sources, c’est la France qui avait fait échouer cette libération. Au mois de juillet 2020, alors que les Maliens achevaient l’opération de sauvetage de l’homme politique malien Soumaïla Cissé, enlevé dans le centre du Mali en mars 2020, la France l’apprend, intervient et demande à ce que Sophie Pétronin soit aussi libérée. On passe alors de 20 prisonniers demandés à 100, 150, 200… les terroristes font monter les enchères. Le temps est limité et la négociation échoue. Les Maliens ne lâchent pas l’affaire, il y a le putsch, et le nouveau gouvernement poursuit les tentatives de négociations. Ils laissent en place tous les négociateurs. Sans l’ombre d’un doute, ce sont les Maliens qui ont fait libérer Sophie Pétronin.

A 5h15 le premier matin, Sophie s’est réveillée, comme elle en avait l’habitude dans le désert, avec le lever du soleil et la prière.

En octobre 2020, quand j’arrive à Paris, Sophie Pétronin n’est pas encore libérée, mais les autorités françaises confirment la libération en cours. Sébastien part à Bamako. Dans le même temps, il appelle le quai d’Orsay pour prévenir qu’en cas de libération, sa famille sera à son arrivée à Villacoublay avec moi. Il leur impose ma présence. Le lendemain, nous arrivons tous en Suisse, chez eux, avec Sophie qui découvre la maison. La veille, Sébastien m’a présenté à sa mère, qui accepte ma présence. Je suis resté chez les Pétronin jusqu’au 24 décembre et j’ai suivi Sophie partout. Je dormais dans le salon. Puis je suis rentré, mais je revenais toutes les semaines.

C’est le temps dont vous aviez besoin pour qu’elle vous raconte sa captivité ?

Ça s’est fait comme ça. Je suis arrivé et tout était tellement intense… A aucun moment on ne m’a dit qu’il fallait que je parte, à aucun moment je ne me suis senti de trop. Même si de temps en temps je n’avais pas envie d’être là, car c’était d’une intensité extrême. Mais, d’un autre côté, j’étais parfois la soupape, à la fois pour Sophie, mais aussi pour Sébastien, qui travaillait.

A 5h15 le premier matin, alors qu’il faisait nuit noire ici, Sophie s’est réveillée, comme elle en avait l’habitude dans le désert, avec le lever du soleil et la prière. Je me suis levé, et assez rapidement elle a commencé à me parler de sa vie quotidienne sur place. Pendant presque trois semaines, tous les matins, elle parlait pendant des heures. Elle me racontait parfois dix fois la même scène, en étant toujours un peu plus précise. Parfois, je la relançais sur un détail pour voir si les souvenirs ne se mélangeaient pas. C’était passionnant de récolter sa parole et d’être son primo-déversoir. C’étaient des journées très longues, car je réécoutais et retranscrivais tous les soirs ce qu’elle m’avait dit le matin.

Des choses qu’elle n’avait pas encore eu le temps de raconter à son fils ?

Oui. D’ailleurs quand il a lu le livre avant la publication, il est tombé des nues. Il m’a expliqué qu’il ne savait quasiment rien de la majorité des choses écrites dedans. Et c’était la même chose pour Sophie, elle ne savait quasiment rien de toutes les démarches qu’avait fait son fils pour la libérer. Tous les deux se sont retrouvés confrontés à cette réalité qui n’était pas la leur et qui n’était pas facile à accepter.

Quand avez-vous commencé l’écriture ?

Dès le 24 décembre, à mon retour chez moi. Je me suis fait un plan et chaque jour j’écrivais, entre 5 et 40 pages. J’ai fini d’écrire début février. J’ai eu un rythme très Sophie Pétronin… Je me levais à 5 heures et commençais à écrire à 5h30, jusqu’à 15 heures et parfois un peu le soir. Ce qui m’a vraiment aidé, c’était de faire une timeline, une chronologie exhaustive de tout ce qu’il s’était passé pendant 3 ans et 9 mois. J’y ai écris toutes les informations que j’avais en ma possession, puis tout ce que Sébastien et Sophie Pétronin avaient vécu chacun de leur côté. Et là, en prenant un peu de recul et en confrontant ces trois visions, j’ai découvert certaines choses. Des événements qui semblaient en apparence décorrélés ont pris sens. Ça a été le moment le plus jouissif de la rédaction.

Timeline réalisée par le journaliste Anthony Fouchard au moment de la rédaction de son enquête.

Vous avez ainsi découvert que Sophie Pétronin avait été une monnaie d’échange pour les groupes djihadistes et un préalable au regroupement de ce qu’est devenu le GSIM ?

Un mois après l’enlèvement de Sophie Pétronin, une autre otage est enlevée par un autre groupe. A cette époque, une nouvelle alliance entre cinq groupes djihadistes est en train de se former. Plusieurs petites entités sahéliennes se fédèrent en GSIM. Pour rejoindre le groupe, il faut apporter quelque chose sur la table. 

On ne peut pas dire que rien n’a été fait pour libérer Sophie Pétronin

Sophie Pétronin est enlevée, déplacée, monnayée, échangée. Sophie et deux autres otages enlevées par deux autres groupes sont réunies. C’est à ce moment-là, en mars 2017, que ce groupe est officialisé. Ça je l’ai découvert en faisant ma timeline. C’est l’élément que je trouve le plus intéressant dans cette enquête : Sophie Pétronin n’a pas été enlevée pour de l’argent, mais pour un jeu de pouvoir intrinsèque et interne qui a fonctionné. Ça explique pourquoi il n’y a pas eu de revendication plus tôt, pourquoi elle était un objectif avant même de devenir une valeur financière.

Dans le livre, vous citez des extraits d’interrogatoires de djihadistes et de documents classés secret défense. Comment les avez-vous obtenus ?

La majorité de ces informations m’ont été transmises par des gens des services français qui m’ont contacté. C’était des gens déçus, car ils avaient travaillé des années sur ces dossiers, avaient eu accès à tous ces comptes-rendus et avaient fourni de l’information, qui n’avaient pas été utilisée. L’idée n’était pas de cracher dans la soupe, mais de dire “on savait”, et même “je savais”, car c’était eux qui avaient trouvé et donné l’info. Ils m’ont montré les documents.

Une partie de mon travail a été d’essayer de savoir si les motivations de ces sources étaient pures ou s’ils tentaient de me tromper. Le risque étant qu’ils aient été envoyés pour me donner de la fausse information, rendant le livre complètement biaisé. J’ai tenté, en bluffant, de les prendre en défaut. Mais ça n’a jamais marché, ils avaient une énorme connaissance du dossier. Soit ils avaient une légende extraordinairement bien construite, soit tout ce qu’ils m’ont raconté était vrai.

Ce sont des gens qui ont une connaissance incroyable de ces groupes et de leurs alliances et qui ont surtout une base de données à disposition, liée aux interrogatoires des prisonniers qu’ils arrêtent qui est encore plus phénoménale. Mais tous ces éléments d’analyse se perdent parfois, car il y a beaucoup de services, que c’est mal transmis, que c’est mis sous couvert car ça n’arrange pas à certains moment, ou qu’ils n’ont pas confiance dans certaines sources. En tout cas, ils savent tout.

 Et moi, j’ignorais cette masse d’infos que les services possédaient. Ces services, c’est peut-être 10 hommes et derrière, 5000 militaires. Il faut que tout se coordonne. Un petit couac, l’info passe à la trappe et Sophie est déplacée.

Donc ils savaient tout ?

Oui. Les moyens et les techniques de renseignement des services français sont assez impressionnants. Par exemple, en 2019, les Français ont mobilisé pendant un mois des drones et des avions pour traquer un grand chef terroriste au-dessus d’une zone. Ça a coûté des centaines de milliers d’euros. On ne peut pas dire que rien n’a été fait pour Sophie Pétronin. Des gens ont travaillé d’arrache pied pendant des années pour la retrouver. Le problème c’est que les informations récoltées ne sont pas parvenues à temps sur le bon bureau – il y a eu des opérations menées par les Forces spéciales qui sont arrivées trop tard, a minima deux – soient n’ont pas été traitées assez efficacement.

Sophie Pétronin a le Mali chevillé au corps. Elle veut y finir sa vie.

Avez-vous eu des retours depuis la publication du livre ?

Je sais qu’ils cherchent à identifier mes sources, que la publication a fait grincer des dents, mais il n’y a pas eu de droit de réponse, ni d’attaque en diffamation.

Aujourd’hui, Sophie Pétronin ne veut plus parler dans les médias ?

Non. Elle l’avait d’ailleurs dit dès le départ à mon éditeur. Elle l’a fait avec moi car son fils lui avait demandé.

Et elle veut toujours repartir au Mali !

Oui ! On lui a refusé deux fois ses demandes de visa. Et la situation intérieure malienne actuelle ne s’y prête guère. Mais elle a ce pays chevillé au cœur et au corps. Elle veut y finir sa vie.

RFI consacrait récemment une émission au rôle qu’a joué la radio dans le quotidien des otages ces dernières années. Cela a-t-il été le cas pour Sophie Pétronin ?

Oui ! C’était à la fois une façon de garder le contact avec elle et de faire passer des messages à ses ravisseurs. Cela faisait partie de notre stratégie avec Sébastien Pétronin, notamment pour notre dernière mission. On savait que si le message ne passait pas par notre source, le plan B, c’était d’activer RFI. Car quand bien même les jihadistes ne sont pas derrière leur poste de radio à écouter, s’il y a une occurence à ce groupe djihadiste, ils l’entendent. Tout est enregistré, transféré par WhatsApp. TV5 Monde, RFI, France 24 dans une moindre mesure… une fois que tu le sais, tu peux t’en servir. Sébastien s’en est servi plusieurs fois. C’est un micro tendu. Et c’est un peu notre rôle aussi. Si l’antenne peut permettre de “garder la tête hors de l’eau”, comme dit Sophie…c’est bien normal.

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